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Collégiale Saint-Martin - maine-et-loire.fr Ici l'Art, c'est toute une Histoire !

© JP. Campion

Admirer les sculptures Une statuaire exceptionnelle

Temps de lecture :  min.

    Une collection de sculptures angevines

    La collégiale Saint-Martin accueille une collection permanente exceptionnelle de statues en terre cuite, en bois ou en pierre, panorama de la sculpture religieuse en Anjou du XIVe au début du XXe siècle.

    Des chefs-d’œuvre en un même lieu

    Réunies vers la fin du XIXe, début XXe siècle par un amateur d’art, Monseigneur Henri Pasquier, les sculptures ont été classées au titre des Monuments Historiques en 2000.

    Parmi les pièces majeures de la collection, figure la statuette de la Vierge s’apprêtant à allaiter l’Enfant Jésus (2e moitié du XVIe siècle). Haute seulement de 33 cm, et malgré la perte de sa polychromie, elle séduit par la finesse du modelé, les détails du costume et l’élégance de sa pose.

    À côté de cette œuvre d’un auteur anonyme, d’autres statues révèlent le talent des grands noms de la sculpture en terre cuite et de leurs ateliers angevins et manceaux, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans le contexte de la Réforme catholique qui pare les églises de décors fastueux (tableaux, sculptures, retables...) la statuaire en terre cuite connait son âge d’or.

    Trois têtes représentant Jésus et ses disciples, Jean et Jacques, témoignent du savoir-faire de Gervais I Delabarre (vers 1560-1644) ou de son atelier. La polychromie rehausse le modelé soigné des visages, leur donne vie avec les veines aux coins des yeux, les pommettes rosies ou la blancheur des dents.

    Autre grand nom terracottiste installé à Angers, Pierre Biardeau (1608-1671) s’illustre dans cette collection par la Vierge dite de Nozé, sculptée pour le couvent de la Visitation à Angers vers 1635. Assise, le regard détourné de l’Enfant Jésus endormi sur ses genoux qu’elle couvre de son voile, cette statue a été sauvée in extremis de la destruction à la Révolution française après avoir été transformée en déesse Raison. Elle est présentée avec deux autres statues, saint Paul et sainte Julie, altières et théâtrales sur leurs socles.

    Les secrets de la sculpture en terre cuite

    Admirer ces statues, en observer les détails, c’est approcher certains aspects de leur réalisation : la plasticité de l’argile, les préparatifs de la cuisson, les traces des gestes des sculpteurs...

    La statue de Saint Sébastien (fin XVIIIe siècle), soldat et martyr chrétien de la fin de l’Antiquité, impressionne par sa taille et la justesse de l’anatomie, mais dévoile aussi à bien y regarder, traces d’outils et de découpe nécessaires avant sa cuisson dans un four.
    Confiées par l’Association des Amis de l’École des Hautes Études Saint-Aubin au Département, la collection a été restaurée entre 2001 et 2006 par des ateliers angevin et tourangeau. Secrets de fabrication et travail de restauration sont présentés sur une borne en vidéo.

    Les visages de Marie

    Dans la collection, 14 statues représentent la Vierge Marie, de son enfance à sa présence au pied de la Croix du Christ. Reflets des époques de leur création, se déclinent l’évolution du visage féminin, la palette des sentiments et des attitudes, les choix vestimentaires.

    La Vierge de Calvaire en bois, l’une des plus anciennes sculptures de la collection, en est un bel exemple : représentée mains croisées et visage incliné dans une douleur muette, elle se pare d’une robe à encolure ronde, ajustée sous la poitrine, et petits boutons alignés aux poignets, à la mode du XIVe siècle.

    À retrouver dans les visites de groupes, « Marie à la collégiale Saint-Martin, histoire et représentation ».

    Deux œuvres originelles de la collégiale

    La collection de sculptures est complétée de deux œuvres issues de la collégiale et retrouvées en fouilles.

    Sainte Marguerite et le dragon

    Découverte dans un cimetière voisin de la collégiale, cette œuvre en pierre du XVIe siècle représente l’une des saintes les plus populaires du Moyen Âge : sainte Marguerite. Couronnée et les mains jointes en prière, elle se dresse au-dessus d’un dragon replet, incarnation du diable, qui l’avait engloutie et qui tient encore dans sa gueule un pan de son manteau.

    Une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle

    Elle aussi en pierre, polychrome, cette Vierge à l’Enfant ornait l’autel de la Vierge consacré en 1360 par l’évêque d’Angers ou la chapelle gothique des Anges. Si l’Enfant Jésus manque, la statue conserve encore finesse et grâce. Elle a été retrouvée en 1931 lors des fouilles du bras sud du transept sous la direction de l’américain George Forsyth.

    George H. Forsyth (Bulletin monumental, tome 91, 1932, p. 287-288)

    À 0m20 de profondeur, nous rencontrâmes un large blocage de pierres et de mortier (…) Cette voûte recouvrait une chambre souterraine, au bout de laquelle était adossée une magnifique statue de la Vierge et l’Enfant, entièrement peinte en couleurs assez vives et très bien conservées.

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