Fouiller la collégiale Un univers archéologique à découvrir

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      La crypte : remonter le temps jusqu’à l’Antiquité

      La crypte archéologique est un espace qui dévoile les traces de l'occupation du lieu à l'époque antique ainsi que les vestiges des premiers édifices religieux, dont plus rien ne subsiste au-dessus du niveau du sol actuel. Au-delà de l’occupation gallo-romaine du lieu, on y voit les vestiges d’une première église du Ve siècle jusqu’à la troisième, au VIIe siècle.

      La voie gallo-romaine

      À l’époque antique, Angers se nomme Juliomagus et s’organise selon un plan de rues orthogonales qui quadrillent les 80 hectares de la cité.

      Même si ces voies sont régulièrement retrouvées au fil des réaménagements urbains contemporains de la ville, le seul vestige encore visible à Angers se trouve dans la crypte de la collégiale Saint-Martin !

      La sacristie : découvrir l’histoire des lieux

      Cette sacristie construite au XVIIIe siècle accueille une muséographie permanente sur l’histoire du monument, des premiers édifices mérovingiens (retrouvés lors des fouilles) à la restauration du XXe siècle. Des panneaux explicatifs et des maquettes tactiles illustrent l’évolution architecturale de la collégiale. De nombreux objets mis au jour lors des fouilles archéologiques (chapiteaux, barrière de chœur, décor d’autel, carreaux de pavement en terre cuite…) permettent d’imaginer la richesse du décor de l’église tout au long du Moyen Âge.

      Les carreaux de pavement

      Recouvrant certaines parties du sol du monument au Moyen Âge, des carreaux de pavement du XIIIe siècle ont été retrouvés lors des fouilles. Ils sont souvent bicolores et vernissés, de formes diverses (triangles, rectangles, hexagones…) et représentent des motifs géométriques, végétaux, animaux ou encore des lettres. Ils participent grandement du décor des églises.

      La chapelle : beauté des décors et monde des morts

      La chapelle des Anges conclut la campagne de construction gothique à Saint-Martin et conserve un bel ensemble de décors médiévaux. Historiées ou simplement décoratives, à motifs végétaux ou géométriques, les peintures dont il reste encore des éléments recouvraient les murs ainsi que les voûtes.

      Aujourd’hui, cet espace met en avant le rôle funéraire de l’église Saint-Martin au Moyen Âge et à l’époque moderne. Deux grandes phases d’inhumations ont pu être identifiées lors des fouilles de l’église : la première entre le VIe et le VIIIe siècle, et la deuxième à la fin du Moyen Âge. Plusieurs types de sépultures y sont associées. Quelques couvercles et leurs épitaphes, en nombre conséquent pour un même site, ont également été retrouvés et sont exposés, de même que des ossements présents dans ces sépultures, ainsi que des objets liés aux pratiques funéraires.

      Les coffrages en ardoise

      Lors des fouilles, les archéologues ont retrouvé différents types de sépultures : des sarcophages en pierre calcaire, des coffrages en ardoise ou en bois, et même des inhumations en pleine terre. Deux exemples sont montrés dans la chapelle, dont un coffrage en ardoise. Ce type de sépulture se caractérise par l’assemblage de plusieurs plaques d’ardoise pour former un réceptacle trapézoïdale ou rectangulaire, fermé par un couvercle parfois gravé. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de retrouver l’utilisation de l’ardoise, une spécificité de la région.